La Forêt des livres pousse en liberté depuis vingt ans

LA NOUVELLE REPUBLIQUE
19/08/2015 05:46
FORET 3 H GONZAGUE
A l’étage du chalet des chasseurs, Gonzague Saint Bris porte haut la pancarte annonçant les 20 ans de sa Forêt des livres. – (Photo NR Pierre Calmeilles)

Dimanche 30 août, la manifestation littéraire fêtera son 20 e anniversaire. Retour sur les deux décennies de cette rentrée littéraire bucolique.

La première page a été tournée il y a tout juste 20 ans. A l’époque, 25 écrivains et 3.000 visiteurs viennent écrire le chapitre inaugural de la Forêt des livres. Deux décennies plus tard, dimanche 30 août, Chanceaux accueillera 200 auteurs et une marée humaine qui n’a plus rien à voir avec la modestie de la manifestation initiale. « C’est au bout de sept ans que tout a vraiment décollé », se remémore l’organisateur et fondateur de la Forêt des livres, Gonzague Saint Bris.

«  Le bonheur par la culture  »

L’homme de lettres explique avoir eu l’idée de la Forêt des livres en marchant dans l’allée des platanes et en pensant à une phrase de Balzac. « Ici, les belles-lettres font partie des racines. La famille Mame (*) [qui fut propriétaire du château de Chanceaux, NDLR] a édité Mme de Staël, Victor Hugo, les premiers romans de Balzac et les pamphlets de Chateaubriand. Ils ont planté à Chanceaux la tradition des feuilles libres aux phrases vertes », retrace Gonzague Saint Bris.
Gratuite dès l’origine, la Forêt des livres a poussé sans réellement avoir une direction bien définie. Gonzague Saint Bris parle d’« objectifs inconscients » qu’il est heureux d’avoir atteints : « D’abord, rendre à la Touraine le prestige de ses écrivains (Rabelais, Balzac, Vigny, Anatole France…) et lui offrir la découverte de nouveaux talents. Puis rendre aux lectrices et aux lecteurs l’hommage qui leur est dû : ce sont eux qui assurent la survie du livre en période de crise. Et enfin rendre aux Français inquiets le bonheur par la culture ». Autre source de fierté, la lutte contre l’illettrisme dans laquelle le « Woodstock de la littérature » s’est engagé depuis dix ans.
Pour Gonzague Saint Bris, la Forêt des livres est « indissociable de Chanceaux-près-Loches. Tant que l’on pourra l’organiser ici, elle restera ici. Pendant une journée, Chanceaux se transforme en pays de l’utopie ». Et de décrire, lyrique, la foule « des gens shootés à la chlorophylle qui marchent dans une sorte d’extase au milieu des allées et des auteurs ».
Parmi les multiples images des vingt années écoulées, Gonzague Saint Bris cite l’improbable entente entre Doc Gynéco et Maurice Druon, « devenus copains dans la seconde ». Les bénévoles – ils sont une vingtaine à vivre en communauté une semaine avant l’événement, 250 le jour J – se souviennent du comédien Francis Perrin restant souvent passer la soirée avec eux : « Il est formidable ». A Chanceaux, conclut Gonzague Saint Bris, les vedettes « se dépouillent de leur image toute faite ».

(*) Dont Gonzague Saint Bris est l’un des descendants.

repères

> Le programme. 10 h. Au bûcher-théâtre de verdure, le colloque culturel animé par Jean-Claude Narcy : « Demain, une nouvelle Renaissance ? ». 11 h : inauguration devant le chalet des chasseurs. 12 h : déjeuner sur l’herbe (plusieurs points de restauration). 13 h 30 à 18 h : signatures-dédicaces dans l’allée des platanes et le parc du château de Chanceaux. 14 h : le café littéraire en plein air animé par Christian Panvert dans le champ devant le chalet des chasseurs, ainsi que les lectures animées par Philippe Chauveau au bûcher-théâtre de verdure. 17 h la pièce de théâtre « Gelsomina », conçue et interprétée par Pierrette Dupoyet à partir du film de Federico Fellini : « La Strada » (bûcher-théâtre de verdure). 18 h : remise des prix littéraires au balcon du chalet des chasseurs. 20 h : veillée littéraire chantée par Hervé Vilard devant le podium du café littéraire.
> Mais aussi… L’allée des bouquinistes, le carré de la bande dessinée, une exposition de photos sur bois dédiée à l’histoire de la Forêt des livres à la mairie de Chanceaux…
> Pratique. Entrée gratuite. Parkings obligatoires gratuits (navettes gratuites) : deux solutions selon la météo. Par temps sec parking sur terrain agricole (à La Baillaudière, acheminement des visiteurs sur le site par navettes de 9 h à 22 h, et le parking le plus proche, accès en venant de Dolus-le-Sec. Par temps de pluie, les seuls parkings desservis par les navettes seront ceux du Super U (1.650 places, navette de 9 h à 22 h) et du Leclerc (615 places, navette de 9 h à 22 h).

Pierre Calmeilles
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